Le désert fleurira

Photo by TN NGUYEN on Unsplash

Notre cour est remplie d’arbres. Bien que le frangipanier n’est pas grand comme les eucalyptus, il n’est cependant pas le moindre des arbres qui se trouvent autour de notre maison. Il perd ses feuilles oblongues et pulpeuses en octobre et novembre. Pour le reste de la saison sèche, il est dépourvu de verdure. En janvier, au moment où la pluie n’est pas tombée depuis plus de trois mois, il commence à fleurir avec les plus belles fleurs. Cet arbre pousse dans un sol pauvre. Il y a la roche à peine 50 cm de la surface du sol. Néanmoins, cet arbre refuse de se décourager. Trois mois après que les pluies ont cessées, il commence à se revêtir de ses fleurs roses, blanches et jaunes. Avant que cela arrive, le frangipanier est laid et disgracieux. Il n’a pas les petites branches délicates, mais plutôt d’épaisses branches aux extrémités bulbeuses. La manière dont ces fleurs délicates sortent de quelque chose de si laid est, pour moi, extraordinaire.

Cet arbre est capable de fleurir à la hauteur de la saison sèche. N’est-ce pas une inspiration pour nous ? Tandis que tout autour est sécheresse et poussière, cet arbre a déployé ses plus belles couleurs. Jésus-Christ s’épanouissait tandis que tout atour de lui était péché et méchanceté. Ses plus belles couleurs se sont montrées dans sa mort. Ésaïe 35.1 « Le désert et le pays aride se réjouiront; La solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse. » Nous ne devrions pas attendre que les circonstances autour de nous soient parfaites, mais nous devons faire de notre mieux pour porter du fruit en toute saison.

Chez le marmitier

La marmite est à la base de toute cuisine Togolaise. Dans l’ancien temps les gens préparaient leur pâte de sorgho dans les marmites faites avec de l’argile. Lors de la Première Guerre Mondiale, les allemands ont pris possession de cette partie d’Afrique que nous appelons le Togo. Ils ont amené avec eux des marmites en fonte de fer. Les femmes ont bien aimé ces belles marmites qui durèrent plus longtemps que celles d’argile. Mais de nos jours, les marmites sont plutôt fabriquées avec l’aluminium. L’aluminium est facilement disponible et de plus, il fond à une température beaucoup plus basse que le fer, ce qui rend la fabrication facile pour l’artisan.

Mon ami est un tel artisan. Je suis allé chez lui aujourd’hui pour suivre son travail. Il a un atelier plutôt crude, fabriqué à partir de briques de terre et d’un toit de paille. Ses outils ne sont pas très magnifiques. Quelques vieux cadres de bois et certains vieux outils complètent son arsenal.

Je ne vais pas perdre de temps à vous expliquer le mode de fabrication, car c’est bien détailler dans cet article. https://journals.openedition.org/tc/4598 . Il suffit d’aller au 13e paragraphe et vous pouvez suivre la fabrication exactement comme je l’ai vue.

C’est un travail qui exige beaucoup de patience. Il a un original à partir de lequel il confection son moule. Un faux movement lors de cette étape gâchera sûrement le travail. Le sable que mon ami utilise pour ses moules provient des termitières parce que le travail des termites a éliminé tout caillou. La quantité d’eau et d’autres composants dans le sable sont aussi très importants pour un travail réussi. Une fois le moule fait, il faut vérifier qu’il resemble à l’original et le retoucher si nécessaire.

Mon ami appelle son travail un métier de récupération. Il n’achète pas son matériel. Des canettes vides, des pièces d’auto rejetées et des anciennes cuvettes lui fournissent tout ce dont il a besoin. Mais il faut porter attention à quel aluminium utiliser. Les carburateurs des gros camions sont fabriqués avec un aluminium trop dur pour ce travail. En revanche, si le marmitier n’utilise que les anciennes cuvettes, ses marmites seront faciles à plier. Il vaut mieux mettre un bon mélange de tout. Parfois il se demande si le matériel qu’il a trouvé est vraiment de l’aluminium. Il le mettre alors au feu et le feu décidera.

Ma visite chez le marmitier m’a fait penser à la vie. Tout comme lui, on doit d’abord avoir de la patience pour une vie réussie. Pour nous aussi, il faut confectionner un moule dans lequel notre vie est coulée ou formée. Notre original n’est autre que Jésus Christ et la Parole. On vérifie ensuite si le moule est semblable à l’original. Le chrétien doit revenir souvent à la Parole pour voir si sa vie lui est conforme.

La qualité du travail de mon ami ne dépend pas d’outils magnifiques. C’est vrai que nous avons besoin des outils. Mais, nous perdons beaucoup de temps en disant : « si seulement j’aurais telle ou telle chose, je pourrais avoir une meilleure vie. » Dieu nous aide a travailler avec les outils que nous avons. Et, enfin, la vie est comme une sorte de récupération. Dieu prends les déchets d’une vie et le transforme en une vie parfaite et brillante.


1 Corinthiens 3,12-15 Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée; 13 car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun. 14 Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. 15 Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.

Le 27 avril avec amour

Expériences Africaines

Notre maison se trouve en haut d’une colline à l’intérieur d’une grande cour clôturée. Elle est parfois la cible des enfants curieux qui se demandent : que font « les blancs » dans leur grande maison? Mais le 27 avril est leur journée préférée pour nous rendre visite. Le 27 avril est la journée d’indépendance du Togo. C’est la journée où beaucoup d’entre eux se rassemblent à la préfecture, qui est tout juste en bas de notre maison, pour le défilé. Une fois le défilé terminé les enfants cherchent quelque-chose à faire. Comme notre maison se trouve à quelque pas, ils viennent au moins pour taquiner notre chien.

Je suis sorti de la maison après le dîner pour saluer un ami, Marc, qui a aussi participé dans le défilé. J’ai vu au portail une centaine d’adolescents qui tentaient de regarder qu’est-ce qui se passait. Il y avait une jeune fille qui eut l’audace de rentrer et demander de l’eau. Je refusai en disant :

« Et si je te laisse entrer pour boire, quel désordre suivra ?

-Oh, je leur ai dit que tu vas les taper s’ils rentrent tous, a-t-elle répondu.

-Il faut sortir, ai-je dit. »

En parlant avec Marc j’ai demandé : « Qu’est-ce que je devrais faire d’une telle situation? Ils demandent tous de l’eau. Or notre Seigneur nous a dit de donner de l’eau à ceux qui ont soif, mais s’ils rentrent, ce sera le désastre.

-C’est vrai que Jésus nous a dit comme ça, a-t-il dit. Il faut que nous leur donnions au moins un peu d’eau. Avez-vous une grosse glacière pour y mettre de l’eau ?

-Oui, nous avons cette glacière-ci

-Allons-y. »

Nous avons tiré le boyau vers le portail aussi loin que possible. Rendus là, nous avons commencé à remplir notre glacière. Maintenant Lene, notre gardien, devenait conscient de notre plan. Il n’avait pas l’air de trop l’aimer non plus. Lui, il connaissait qu’est-ce que ces adolescents était capables de faire.

Marc entrouvrit la porte et les enfants faillirent rentrer précipitamment. Avec peine il les repoussa et referma la porte. Il commença par prendre un enfant après l’autre par le bras jusqu’à ce qu’il y ait une dizaine d’enfants autour de la glacière en train de boire.

« Fais-vite, a-t-il crié »

Les enfants rentraient, buvaient et sortaient en vitesse, mais ce n’était pas assez vite pour ceux qui n’avaient pas encore bu. Finalement Marc et Lene se sont munis de fouets et les ont chassés pour au moins faire un peu de place à l’extérieur de la porte, tellement ils se pressaient à la porte. Nous avions beau demander et crier mais les enfants n’écoutaient guère. « Après que tu as bu, il faut partir à même temps. » a crié Marc. Ses ordres tombaient sur les oreilles sourdes.

J’ai tenté de raconter une histoire biblique avec les images pour ceux qui attendaient, mais le bruit et les bousculades de plusieurs la rendait inefficace, alors j’ai dû abandonné. Finalement Marc, exaspéré cria « Seulement ceux qui portent les kakis, mettez-vous en ligne. » Avec un peu de force ceci a été accompli. Moi, je surveillais pour m’ assurer qu’il n’y avait pas d’autres qui essayaient de se glisser dans la file. Dans notre beau pays il n’y a pas d’idée comment faire une file d’attente. Si tu es capable de te faufiler devant les autres, tu le fais.

Entretemps j’épié des garçons qui fouillaient notre poubelle à une centaine de mètres de distance. J’ai couru vers eux mais ils ont vite disparus. Lene faisait le tour des autres portes de notre cour pour voir s’il y avait d’autres qui s’y faufilaient .

Les files d’attentes que Marc réussi à organiser semblaient fonctionner enfin. Je dû quand même donner un rappel sévère ici et là quand le désordre voulait se réinstaller. Incroyablement la file devint bientôt très courte et la plupart des enfants étaient assis à l’ombre. « Continue avec l’histoire » ont-ils crié. J’ai recommencé et cette fois-ci j’ai été capable de garder leur attention. L’histoire terminée j’ai dit « et maintenant je vais rentrer dans ma chambre pour me reposer. Qu’est-ce que vous allez faire?

-Partir, ont-ils répondu. »

Et quelques 15 minutes plus tard, ils étaient tous partis.

Mattieu 25.35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ;

Qu’est-ce que j’aurais dû faire? La façon dont nous avons fait me semble tellement brutale et sans amour. Si nous aurions essayé de faire d’une manière douce je suis certain que le désordre aurait pris le dessus. Mais, Jésus nous a recommandé fortement de donner de l’eau à ceux qui ont soif. Comment donner l’eau avec amour?